Disparition de la muse de l’accordéon avec le décès d’Yvette Horner

 Yvette Horner
Photo : Fonds photo Alix
Ville de Bagnères-de-Bigorre

Instrument à anche libre comme l’harmonium et l’orgue limonaire, l’accordéon vient de perdre sa muse : Yvette Horner s’est éteinte le 11 juin à 95 ans.

Formidable virtuose, artiste populaire au palmarès impressionnant, Yvette Horner a commencé sa vie musicale au conservatoire de Tarbes, sa ville natale, puis de Toulouse dont elle ressort avec un premier prix de piano. Sous la pression de sa mère, elle décidera finalement de lui ajouter des bretelles. La suite s’enchaîne vite : elle remporte la Coupe du monde d’accordéon en 1948, puis obtient le grand prix du disque de l’académie Charles-Cros en 1950.
C’est le Tour de France qui lancera véritablement sa carrière. De 1952 à 1963, installée sur le toit d’une voiture, elle joue, infatigable pour les spectateurs massés le long de la route. « Ce que j’ai pu manger de moustiques, debout sur le toit des véhicules », confiera-t-elle plus tard…

Celle que Jacques Higelin appelait la « Reine de France » travaillera avec de grands artistes aux talents variés : Boy George, Jimmy Sommerville, Michel Legrand, Enrico Macias, Didier Lockwood, Maurice Béjart, Jean-Paul Gaultier, Jac Berrocal, etc. Samson François lui écrira une valse, Perle de Mai.

Les chiffres sont à la dimension de son talent : plus de 2 000 concerts et 150 albums vendus à près de 30 millions d’exemplaires, Yvette Horner était commandeur de la Légion d’Honneur et de l’ordre national du Mérite.

L’accordéoniste Pascal Contet évoque sa mémoire, son talent et son exigence : www.francemusique.fr/emissions/classic-club/

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