Décès de l’organiste Paul Couëffé le mercredi 20 novembre

L ’organiste Paul Couëffé vient de nous quitter, discrètement…

Paul Couëffé était né à Angers en 1931. Il débute ses études musicales au conservatoire de cette ville et obtient un prix d’excellence de piano et de musique de chambre dans les classes de Raphaël Fumet et Henry Becker, puis il devient l’élève d’André Fleury au conservatoire de Dijon dans les classes d’orgue et de piano supérieur, et fréquente assidûment la tribune de la cathédrale Saint-Bénigne où exerce Fleury. Ce dernier le recommande ensuite à Adrien Rougier, alors organiste de Saint-Pothin à Lyon.

En 1953, il est nommé organiste titulaire des Dominicains de Lyon en l’église du Saint-Nom-de-Jésus, dont il fera un haut lieu musical lyonnais. En 1959, il crée avec son frère Yves Couëffé, trompette solo de l’Orchestre national de France, les premiers concerts orgue et trompette en France. Concertiste, soliste de l’Orchestre national de chambre de Toulouse, de l‘Ensemble Instrumental de Grenoble et de l’Orchestre national de Lyon, il participe également en qualité d’organiste à de nombreux concerts et récitals en France et à l’étranger : Canada, Mexique, Venezuela, Italie, Hollande, Tchécoslovaquie, Suisse, Allemagne, Hongrie. Il est régulièrement invité à Berlin de 1978 à 2001. En 1970, il est invité d’honneur au festival international Johann Sebastian Bach à Leipzig et donne un récital de musique française en la cathédrale Sainte-Edwige de Berlin. En 1980, Pierre Cochereau, directeur du nouveau CNSM de Lyon, le nomme accompagnateur dans les classes de direction de chœur et de chant choral que dirige Bernard Têtu. Il est également accompagnateur du chœur de l’Orchestre national de Lyon de 1980 à 1992.

Il a joué sous la direction d’éminents chefs tels Ken Nagano, Serge Baudo, Theodor Guschlbauer, John Nelson, Louis Auriacombe, Emmanuel Krivine, Michel Corboz, Maurizio Arena…

Paul Couëffé présidait l’Association André Fleury. Il était un organiste de grand talent, à la technique solide, à la vision claire, à l’analyse parfaite, à la musicalité sans défaut. Il a consacré une grande part de ses concerts aux compositeurs du XX° siècle, notamment Reveyron et Bouvard (la filière lyonnaise !), mais aussi Fleury, ou encore Fumet, en même temps qu’il faisait chanter Bach ou Corrette. C’est, on peut le dire, lui qui avait lancé la « mode » du trompette et orgue, avec son frère Yves. Et il avait fait du Saint-Nom-de-Jésus, à Lyon, un véritable sanctuaire musical, durant plus de 60 ans.

L’homme était d’une grande gentillesse, avec un humour décapant, mais jamais méchant. Un maître débonnaire, à la carrière superbe, dont il y avait toujours quelque chose à apprendre.

Hervé Désarbre. Organiste titulaire de l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce à Paris

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