Paris – Mars 2018 – Notre-Dame de Paris célèbre les 150 ans de la reconstruction de l’orgue de Cavaillé-Coll

 Aristide Cavaillé-Coll
Aristide Cavaillé-CollPhoto : N.N.

Les registres du chapitre de Notre-Dame de Paris rapportent comment le vendredi 6 mars 1868 à 7 heures du soir, Monseigneur Darboy bénit, de sa place, le nouvel orgue pendant qu’un vicaire de choeur, monté à la tribune, jetait l’eau bénite sur l’instrument… Les organistes qui se succédèrent ce soir-là aux claviers de la nouvelle console de Cavaillé-Coll s’appelaient Franck, Saint-Säens, Loret, Chauvet, Guilmant, Durand et Widor. Au lendemain de l’inauguration, le titulaire Eugène Sergent fut si peu curieux dans l’emploi des ressources de l’instrument, si désuet dans sa musique, que Cavaillé-Coll renonça à venir écouter son chef-d’oeuvre par la suite.

 

 Eugène Viollet-le-Duc
Eugène Viollet-le-Duc Photo : N.N.

 

Comme les travaux d’architecture absorbaient tous les crédits, Eugène Viollet-le-Duc commanda à Cavaillé-Coll un instrument digne d’une cathédrale, mais « sans luxe ni vaines recherches et en utilisant à l’économie le plus possible de matériel existant ». Après une visite approfondie de l’orgue, Cavaillé-Coll présenta le 30 mars 1860 le projet d’un « instrument de premier ordre à quatre claviers et pédalier suffisant pour les dimensions de l’église pour 115.547,50 Francs, ce qui parut cher à l’architecte. Viollet-le-Duc profita du peu d’urgence pour susciter un contre-projet de Merklin. Néanmoins, fin 1862, Cavaillé-Coll fut choisi et son projet devint marché le 15 juillet 1863. Les travaux commencèrent sur place en juin 1864.

 
 

 La restauration Viollet-le-Duc / Cavaillé-Coll
La restauration Viollet-le-Duc / Cavaillé-Coll Carte postale : N.N.

Le programme répondait aux limites imposées dont la conservation des deux buffets, la composition répondait au goût et aux habitudes du moment sans originalité marquée, mais elle allait rester sur le papier ! Le grand buffet, tout au fond dans le contre-jour de la rosace, offusquait moins Viollet-le-Duc que le positif et les ferronneries qui l’encadraient. Cavaillé-Coll fut averti d’avoir à modifier ses plans pour tenir compte d’une nouvelle tribune de bois et de surface triplée vers l’avant. C’était tout bouleverser, mais Cavaillé-Coll n’en fut pas mécontent. S’il regrette l’absence de positif et s’il ne peut obtenir que la nouvelle tribune soit plus basse que l’ancienne, il peut s’évader du devis de 1862 et traiter les détails du buffet à sa guise. Il l’avance au bord de la voûte en pierre pour gagner de la profondeur et disposer tous les sommiers en étages rationnels en vue d’une composition repensée entièrement selon ses idées personnelles. L’ensemble des jeux est appelé à former un tutti où tout est conçu pour se marier ensemble, donner une grande puissance et remplir l’immense vaisseau.
 
Ce plan fut mis à exécution aussitôt mais, en secret, les déclarations d’avancement des travaux faisant toujours référence au premier projet. Il fut révélé quand l’orgue fut joué à Noël, hors concours, dans le cadre de l’Exposition universelle de 1867.

Extrait de la plaquette « Notre Dame de Paris – Les orgues » publiée par l’Association Maurice de Sully – 1992.
 

 L’ancienne console Cavaillé-Coll à Notre-Dame
L’ancienne console Cavaillé-Coll à Notre-Dame Photo : N.N.
 Louis Vierne à la console Cavaillé-Coll
Louis Vierne à la console Cavaillé-Coll Photo : N.N.

Quatre soirées marqueront cet anniversaire :

  • – Mardi 6 mars à 20h30* avec les six organistes de la cathédrale : Vincent Dubois, Olivier Latry, Philippe Lefebvre, Yves Castagnet, Yohann Vexo et Jean-Pierre Leguay, organiste émérite.
  • – Jeudi 8 mars à 20h30* avec quatre organistes titulaires d’orgues de Cavaillé-Coll : Loïc Mallié (Paris, La Trinité), Michel Bouvard (Toulouse, St-Sernin), Eric Lebrun (Paris, St Antoine des Quinze-Vingts) et Jean-Baptiste Monnot (Rouen, St Ouen)
  • – Samedi 10 mars à 20h00 avec la présentation du grand orgue par les trois organistes titulaires – projection sur écrans (entrée libre)
  • – Mardi 13 mars à 20h30* avec la Messe Solennelle de Louis Vierne, deux créations mondiales d’oeuvres de Grégoire Rolland et de Jean-Charles Gandrille avec la Maitrise Notre-Dame de Paris et les cinq organistes titulaires aux deux orgues.

 
Le détail des programme de tous les concerts : www.musique-sacree-notredamedeparis.fr/150-ans-cavaille-coll

* Tarifs : 25 € / Tarif réduit : 15 €

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________27/02/2018