Paris : L’orgue historique de la Sorbonne attend désespérément sa restauration

Le journal LE PARISIEN publiait le 5 février 2017 ce très intéressant article qu’Orgue en France reprend intégralement.

Orgue de la Sorbonne
Orgue de la Sorbonne – buffet
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Voilà près d’un siècle, les musicologues s’émouvaient déjà de la nécessité d’une « remise en état sans concession ». Il y a 17 ans, l’instrument et sa sauvegarde furent même le sujet exclusif d’un colloque. Et depuis au moins autant d’années, une poignée d’amoureux du patrimoine, de la musique et de la « tuyauterie » muette de l’orgue de la chapelle de la Sorbonne (Paris V°), tente désespérément d’obtenir sa restauration.
A la tête de « S.O.S. », un acronyme aussi bon qu’un slogan pour son association « Sauvegarde de l’Orgue de la Sorbonne », Pierre Dubois reste tenace et optimiste : 2017 sera peut-être l’année de la chance. L’ancien professeur d’université rêve du jour où il fera voler ses mains d’organiste chevronné sur les trois claviers du magistral « orgue Dallery » de 1825. Un instrument unique à Paris, classé Monument historique, et pourtant négligé, désormais « injouable en l’état, mais quasiment non altéré », souligne le spécialiste. « Il a perdu 50 % de sa tuyauterie mais sa restauration est tout à fait possible, car la structure, la soufflerie, la mécanique, tous les éléments importants sont présents, et les tuyaux manquants peuvent être rigoureusement fabriqués à l’identique».

 

Orgue de la Sorbonne
Orgue de la Sorbonne – console
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Muet depuis la démission du dernier organiste de la chapelle, il y a près de 160 ans, posé sur une « tribune » de maçonnerie trop friable pour s’y risquer, l’orgue monumental attend toujours « la » décision politique qui déclenchera le processus. Ministère de la Culture, Chancellerie des universités, Rectorat, Université de la Sorbonne, Mairie de Paris… La « patate chaude » rebondit de sous-mains en sous-mains. La Ville avait bien commandé une étude technique, dans les années 2000, et la Commission des Monuments historiques s’est prononcée en 2009 en faveur « d’une restauration à l’identique » de l’instrument. Et puis rien.
La restauration nécessiterait 400 à 500 000 €. « Le problème est qu’il faudra aussi restaurer la chapelle, dont seule la toiture a été refaite pour parer au plus pressé. D’ailleurs on ne peut même plus accéder à l’orgue autrement que par le toit, car son escalier est démoli ! », précisent Pierre Dubois et Jean-Michel Olive, trésorier de l’association.
L’opiniâtre tandem attend donc beaucoup de la rencontre prévue avec le premier adjoint Bruno Julliard (PS), avant la fin du mois à la mairie de Paris. Ils iront en caressant l’idée « d’une grande collecte nationale ou d’une souscription. Mais ce serait vain si l’on n’a pas l’engagement du propriétaire ». La Ville de Paris.

 

L’orgue et la chapelle restaurés pourraient profiter au public.
Avec 12 000 personnes en moyenne accueillies à chaque « journée du patrimoine », seule occasion pour la chapelle de la Sorbonne de s’entrouvrir au public, combien pourraient profiter pleinement du lieu, après restauration ? « Ce fut long, mais il semble qu’il y ait une prise de conscience du fait que restaurer cet orgue peut aussi développer l’image de la Sorbonne », veut croire Pierre Dubois.
L’orgue restauré pourrait « servir d’instrument de travail aux élèves musiciens ». C’est ce qu’il fait à Souvigny (Allier), petite ville connue pour son festival de musique baroque, et dont il est l’organiste attitré. « Dans la mesure où la chapelle de la Sorbonne n’est liée à aucun culte, aucune cérémonie religieuse ne s’y déroule jamais, elle peut donc avoir ce rôle d’ouverture, redonner vie au lieu et à l’instrument », suggère le musicien.

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