Décès de Marie-Claire Alain


Marie Claire Alain est décédée le mardi 26 février 2013 dans sa 87e année.

Biographie

Marie-Claire Geneviève Alain est née le 10 août 1926 à Saint-Germain-en-Laye. Elle est la fille du compositeur et organiste Albert Alain et de Magdeleine Alberty. Elle est la sœur benjamine du compositeur et organiste Jehan Alain (1911-1940), de Marie-Odile et Olivier Alain, musicologue et compositeur. Mariée à Jacques Gommier en 1950, elle a deux enfants et six petits-enfants.
Son époux est décédé en 1992.

Formation

Après des études secondaires à l’Institut Notre-Dame de Saint-Germain-en-Laye, elle suit les cours du Conservatoire national supérieur de Paris où elle est élève de Marcel Dupré, de Maurice Duruflé et de Simone Plé-Caussade.
Elle obtient les cinq premiers prix d’harmonie, de contrepoint, de fugue, d’orgue et d’improvisation. Elle est également diplômée en pédagogie musicale.

Carrière

Elle démarre sa carrière, en 1937 dès l’âge de 11 ans, comme suppléante de son père à l’orgue de l’église Saint-Germain de Saint-Germain-en-Laye. Elle sera titulaire de cet orgue à la mort de son père en 1971. Durant toute sa carrière (1950-2010), elle donnera plus de 2 500 concerts à travers le monde.

Pédagogue très recherchée, justement fameuse pour ses conférences avec illustrations musicales qui l’ont amenée dans les plus prestigieuses universités américaines, canadiennes, japonaises et dans tous les grands conservatoires européens, elle fonde son enseignement sur les études musicologiques approfondies qu’elle ne cesse d’effectuer dans les domaines de la littérature organistique et de l’exécution de la musique ancienne, romantique et symphonique. Elle fut chargée du cycle de formation professionnelle pour organistes dans le cadre du conservatoire national de région de Paris (de 1994 à 2000) après avoir enseigné au conservatoire de Rueil-Malmaison de 1978 à 1994.

Elle fut aussi professeur à l’académie d’orgue d’été de Haarlem aux Pays-Bas aux côtés de Anton Heiller, Luigi Ferdinando Tagliavini et Gustav Leonhardt chaque année de 1956 à 1972 puis ponctuellement en 1974, 1982, 1994…
Elle a créé l’académie Jean-Sébastien Bach de Saint-Donat (26) où elle a dirigé l’académie internationale d’été pour organistes autour de l’orgue Schwenkedel (1977 à 1991). Elle est l’invitée permanente de l’académie d’orgue de Romainmôtier (Suisse) (1991-2009) où elle a dispensé ses cours sur l’orgue restauré de la famille Alain.
Marie-Claire Alain a fait partie de la Commission des orgues non protégés du ministère de la Culture (1970-2009) et a longtemps fait partie de la Commission supérieure des monuments historiques pour les orgues de 1966 à 1984 et de 1998 à 2006.
En 1977, elle dirige la réfection des grandes orgues de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges.

Discographie

La discographie exhaustive a été dressée par Alain Cartayrade et a fait l’objet d’une publication dans la revue L’Orgue.
La liste de ses enregistrements, en majeure partie chez Erato, est impressionnante : plus de quatre millions de disques vendus, deux disques d’or, un laser d’or remis par l’Académie du disque français. Elle a réalisé plus de 220 gravures sur disque et plus d’une soixantaine de CD. Citons seulement les célèbres intégrales : J. S. Bach (trois intégrales), Buxtehude, Bruhns, Böhm, Couperin (3 versions), Grigny (3 versions), Daquin, Pachelbel, Mendelssohn, Franck (2 versions), Jehan Alain (3 versions) et les concertos de Poulenc, Chaynes, Haendel, J. S. Bach, C.P.E. Bach, Haydn, Mozart, Vivaldi, la plupart avec l’orchestre de chambre Jean-François Paillard, et qui lui ont valu plus de quinze Grands Prix du disque et de nombreux Diapasons d’or. Liszt, Widor, Vierne et Messiaen ont aussi fait l’objet de plusieurs CD. Elle a, entre autres, réalisé de nombreux enregistrements d’œuvres pour trompette et orgue avec le trompettiste Maurice André.

Sa première intégrale de l’œuvre pour orgue de J. S. Bach en 24 disques (1959-1967) lui valut le prix Edison (Amsterdam) et celui de la plus grande réalisation phonographique mondiale Académie Charles-Cros (Paris) en 1968. La ville de Lübeck lui a décerné (1976) le Prix Buxtehude, couronnant son action en faveur de la musique ancienne allemande. À Copenhague elle s’est vu attribuer le prix de musique de la Fondation Léonie Sonning pour sa deuxième intégrale J. S. Bach (1980). À cette occasion, elle a été décorée de l’Ordre royal de Dannebrog. La ville de Budapest lui a décerné le prix Franz Liszt (1987). L’American Guild of Organists (AGO), section New York, l’a déclarée Interprète de l’année en 1984 et l’American Guild of Organists lui a attribué en 1999 sa plus haute récompense pour son immense carrière.

Distinctions

Marie-Claire Alain était

  • grand officier dans l’ordre de la Légion d’honneur le 13 juillet 2012
  • commandeur dans l’ordre national du Mérite
  • commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres
  • chevalier dans l’ordre royal de Dannebrog (Danemark)

Prix

Marie-Claire Alain a obtenu un grand nombre de prix dans des concours internationaux.
Après s’être perfectionnée avec Gaston Litaize et André Marchal. Elle a ainsi obtenu

  • en 1950, le prix d’orgue du concours international de Genève ;
  • le prix des amis de l’orgue ;
  • seize grand prix du disque décernés par l’Académie Charles-Cros ;
  • le prix Edison à Amsterdam, en 1968 et en 1973 ;
  • le disque d’or du Japon en 1973 ;
  • le prix du président de la République, prix spécial du jury de l’Académie Charles-Cros en 1974 ;
  • le prix Buxtehude de la ville de Lübeck en 1976 ;
  • le prix de la fondation Léonie Sonnig à Copenhague en 1980 ;
  • le prix Franz Liszt à Budapest en 1987 ;
  • le Laser d’or en 1988.

Renommée internationale

Membre de l’Académie royale de musique de Suède et membre d’honneur de l’Académie royale de musique de Londres (2002), Marie-Claire Alain est également docteur honoris causa de l’université d’État du Colorado à Fort Collins (1971), de la Southern Methodist University of Dallas (1976), de l’Académie Sibelius d’Helsinki (1998), du Boston Conservatory (1999), de l’université McGill à Montréal (2001) et de l’université Johns-Hopkins à Baltimore (mai 2006).